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Article du Paris Normandie du 08 août dernier - Se faire racheter ses RTT, le sujet divise syndicat et patronat en Normandie

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Se faire racheter ses RTT ? Le sujet divise syndicat et patronat en Normandie

Alors que le Parlement a validé la possibilité pour les salariés de monétiser leurs jours de récupération de temps de travail, Paris-Normandie ouvre le débat. Et les avis sont plutôt tranchés.

David Lecomte, secrétaire général FODavid Lecomte, secrétaire général FO - Archives PN / STÉPHANIE PÉRONFabrice Tourres, président du Medef Seine-Estuaire - archives PN

Par Anthony QUINDROIT

Publié : 8 Août 2022 à 07h05 Temps de lecture : 3 minPartage :

Pour

« C’est bénéfique pour le salarié et pour l’entreprise »

Fabrice Tourres, président du Medef Seine-Estuaire

« C’est une mesure que nous accueillons tout à fait favorablement puisqu’elle faisait partie des suggestions du plan stratégique du Medef. Cela permet de laisser le choix aux salariés de bénéficier d’une rémunération complémentaire exonérée de charges pour lui comme pour l’employeur. Dans un contexte où les entreprises sont plutôt en recherche d’heures, avec des pénuries de main-d’œuvre que l’on peut voir dans de nombreux secteurs, cela peut être une solution palliative. Plus d’argent pour l’employé, sans augmenter son imposition, et plus de travail pour la société : qui peut perdre là-dedans ?

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C’est bénéfique pour le salarié et pour l’entreprise. Je ne pense pas que l’on s’attaque aux 35 heures avec cette mesure. Cela donne une souplesse et c’est le salarié qui décide de faire la demande ou pas, pas son employeur qui l’exige. L’entreprise peut en revanche refuser le dispositif, si elle n’a pas les moyens de payer ces heures par exemple. Et je ne pense pas que cela soit un frein à la hausse des salaires, ni une façon de ne pas les augmenter. Il n’y a pas de volonté plus loin que ce qui est proposé en regardant du côté des congés payés par exemple : cette mesure est une mesure conjoncturelle. Il faut aller vite pour donner plus de souffle et de liberté, redonner rapidement du pouvoir d’achat aux consommateurs. Je ne sais pas si c’est une mesure à court ou moyen terme mais ça n’empêchera pas les négociations salariales au cas par cas. »

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Contre

« Cela a déjà été fait sans résultat probant »

David Lecomte, secrétaire du syndicat Force Ouvrière de l’Eure

« C’est une non-mesure : elle ne va rien apporter aux salariés et elle ne permettra pas de compenser la perte du pouvoir d’achat. Seuls 15 % des salariés pourront en bénéficier et surtout des cadres. Même si ce n’est qu’un dispositif bloqué dans le temps, il ne répond pas aux revendications portées depuis plusieurs mois sur le pouvoir d’achat face à la hausse de l’inflation. Une fois de plus, dans une situation plus que compliquée, le gouvernement ne répond pas aux vrais besoins et ça m’inquiète pour les familles les plus précaires : 12 % des salariés du privé en France vivent avec le Smic. Les gens vont finir par se révolter et ça risque d’être pire que les Gilets jaunes. La mesure est politicienne et est une remise en cause des acquis sociaux. De plus, elle a été déjà été employée, sans résultat probant, au moment de la crise des subprimes. Pour vraiment aider les gens sur le long terme, il faut une augmentation générale des salaires, des retraites et des minima sociaux. Un coup de pouce au Smic, voilà qui serait une réelle avancée : en le portant à 80 % du salaire médian, soit 1 600 €, on permet aux plus précaires de faire face à l’inflation et on incite à relancer les négociations de salaires dans les branches pour une remise à niveau dans les entreprises. Là, on agirait sur le long terme qu’avec des mesures one shot ! »

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